Road Trip · juin 2026
Cette histoire, c’est Prune qui vous la raconte : bergère créole avec un œil unique. Vous nous découvrez ? Passez par ici pour savoir qui on est avant de commencer.
Ce 1er jour de juin, il est 10h10. Le Binôme prend la route. J’ai une nouvelle couchette pour ce voyage, toute douce, toute neuve. Je suis ravie. Pour moi aussi, c’est le vrai début du voyage. J’aurai peut être moins le mal des transports.
Premier arrêt à la station-service. Apparemment d’aprés le binome faire le plein en 2026, paraît-il, c’est un luxe. Moi je trouve juste que ça sent bizarre.
11h30. Deuxième arrêt à une boulangerie, le temps d’aller chercher le repas du midi. Je reste dans le van, j’observe par la vitre. C’est une boulangerie comme on les aime, simple et vraie. Le Binôme discute avec la boulangère et une cliente, ambiance bon enfant. Ils prennent un sandwich et une pâte feuilletée géante à la Framboise. Le repas se prendra sur la route. Cette sensation de liberté totale est enivrante. Ca ce ressent à pleine truffe dans le Van. J’adore !
13h00. Château Gaillard.
La petite route serpente jusqu’au parking, et à la sortie du bois, c’est un wahou général. Le château domine toute la vallée de la Seine, perché en haut des falaises calcaires. Il fait un soleil de plomb, la chaleur écrase tout, mais on part à l’assaut de ce vieux navire de pierre quand même. Le calme là-haut est exemplaire, on est seuls au monde. Une parenthèse qui donne tout de suite envie de revenir pour explorer les hauteurs des méandres de la seine.
J’approuve, même si la chaleur me rend un peu molle. Attention si vous avez un van un peu âgé comme le nôtre : l’accès est raide, des pentes à plus de 16%. On y arrive, mais on le sent. Et on vera au courant de cette aventure qu’il nous le fera payer.
14h00. Quelques photos sur le spot, on profite malgré une chaleur suffocante et on reprend la route. Arrivée en Normandie à Chambois à 16h30, juste à temps pour notre première nuit et surtout pour un rendez vous pro du Binôme… He oui sinon qui va payer mes croquettes.
Jour 2 ✦ Argentan, entre chapelle et piscine
7h00. Balade matinale depuis notre spot de Chambois, direction La boulangerie du donjon – 6 rue Américains 61160 Chambois. On y va tous les trois ce matin. Il pleut, mais c’est un de ces temps gris qu’on aime bien. Pain et le fameux pépito, cet énorme pain suisse. Trop bon et super copieux. Comme on a déjà pris notre petit-déjeuner avant de partir, ça vient juste compléter notre gourmandise.
Vu la météo, on décide de passer une partie de la journée tranquillement, dans les environs. J’en profite pour gambader dans l’herbe humide, courir dans tous les sens mais surtout ce que je fais le mieux … Dormir
16h00. Argentan.
La traversée de la ville en van ne nous a pas vraiment donné envie de la visiter. Mais on lui donne une chance. On commence par une ancienne chapelle désacralisée, où on découvre à la fois les œuvres d’artistes exposées et la dame qui garde les lieux. Elle a peur des gros chiens. Avant qu’on parte, elle nous indique quelques bons coins à voir. Je finirai par avoir une caresse. Merci d’avoir tenté à nouveau.
Je m’impatiente un peu dans cette ville bruyante et sans âme. On fait quelques boutiques, sans grand enthousiasme pour la ville en elle-même. Ce qui nous attire vraiment ici, c’est la piscine.
Petit détour par une dernière boutique de vaisselle, où je suis chaudement accueillie. J’ai rien cassé et ca c’est le principal. Aller il est temps de ce mettre à l’eau direction donc Le Centre Aquatique – Terres d’Argentan qui nous réserve une vraie surprise par sa grandeur. Le Binôme va adorer ce moment, ils nagent … longtemps.
Moi je reste dans le van à l’ombre pendant ce temps. C’est ok, j’ai ma sieste qui m’attends.
19h00. On ne s’attarde pas, juste quelques courses pour mes maitres et direction le spot pour la nuit pour profiter des dernières lueurs du jour.
Jour 3 ✦ Vers Putanges-le-Lac
Le 3e jour, une odeur d’aventure flotte dans l’air. Après une petite balade et un bon petit-déjeuner, on charge le van pour un départ imminent. Le programme est alléchant : Putanges-le-Lac, le lac de Rabodanges, la Roche d’Oëtre. Solène ne cache pas son excitation malgré la pluie et le temps gris. Mais c’est pas ca qui va nous arrêter.
Le van lui aussi à le droit à sa preparation.On lui fait le plein de son reservoir d’eau, frigo chargé, pare brise nettoyé et le départ est donné vers 10h00. Premier arrêt, pas le plus agréable : le plein de gasoil. Beurk ! ca pue et c’est chiant. Mais c’est un passage obligatoire.
11h15. Putanges-le-Lac.
Ce village de la Suisse Normande est pittoresque avec son cours d’eau qui le traverse, une église en haut du village, et des « toilettes publiques. » Car oui, en van, des vraies toilettes, c’est le graal voir à la limite du Luxe.
12h00. On reprend le van direction le barrage, qui ce situe en contrebas du lac. Peu de touristes ici, et ça nous va très bien. On passe par les petits hameaux, le bocage, la forêt. On est en pleine Suisse Normande, et c’est Magnifique. En arrivant sur la route du barrage, un chemin qui descend nous tente. Pas vraiment d’interdiction visible. Notre vieux van dévale la petite route. Calme, joli, un peu interdit peut-être ? Mais ca… gardez le pour vous.
13h00. Retour par les bords du lac, où la décision est prise de manger sur un spot pret de la base nautique. On me laisse profiter dans mon panier dehors. Une vie que beaucoup de chien doivent m’envier. La suite est à base de sieste pour les uns, d’écriture pour les autres et on finira par rallier Putanges-le-Lac.
On ce trouve un petit coin au calme avec le Van pour passer une partie de l’apres-midi. Car oui cette journée est pluvieuse entre coupé de rayon de soleil. Ces moments ou le temps semble s’arrêter sont une benediction pour mon Binome. Vous, les humains, ne « prenez pas assez le temps de prendre le temps. »
En fin de journée, a travers les fenêtres ouvertes, l’odeur de la rivière et de la terre humide m’a tout de suite mis la truffe en alerte. Loïc a enfilé ses chaussures de marche, Solène a emporté son appareil photo, et le Binôme a décidé qu’il était temps d’aller se dégourdir les pattes au calme.On a très vite quitté les rues principales pour se faufiler vers les berges de l’Orne. C’est toujours là que c’est le plus intéressant pour une petite baignade. Le chemin serpentait doucement, faisant le lien entre le charme du vieux village typique et la nature tranquille de la riviére. On a fini par prendre de la hauteur et sous mes coussinets, les sentiers herbeux et les vieilles pierres racontaient des tas d’histoires. Solène prenait tout son temps, s’arrêtant tous les dix mètres pour capturer les reflets sur l’eau ou un petit bout de patrimoine rural caché dans la verdure. Loïc, lui, marchait d’un pas lent, regardant simplement le paysage.Pendant toute cette flânerie, Solène a laissé tourner son GPS pour enregistrer notre tracé exact. Loïc dit toujours que c’est dommage de garder les meilleurs petits chemins secrets juste pour nous. Alors, si un jour vous passez par ce coin de Normandie et que vous voulez marcher exactement dans nos pas pour trouver cette même quiétude au bord de l’eau, il vous a mis notre itinéraire complet de côté juste ici. Il n’y a plus qu’à se laisser guider.
19h00. Arrêt boulangerie La Pétrisane 1 Rue de la Roche, 61210 Putanges-le-Lac, car oui le Binome consomme beaucoup de pain. Enfin surtout Loïc qui pourrait en faire son repas principale. Lors de la rando nous avons découvert un endroit qui va nous permettre de garer le Van pour la nuit. Certe ce n’est pas un endroit dit « Instagramable » mais ca ferra l’affaire. Calme, Reposant et Plat … A demain.
Jour 4 ✦ La plus belle journée
Ce 4e jour fut pour nous le plus beau du périple, pour plusieurs raisons. D’abord l’environnement de cette petite Suisse Normande, qui n’a pas d’égal. La verdure, les vallons, les paysages. Un environnement que Loïc et Solène apprécie particulièrement, ils disent que ça leurs rappelle les Vosges.
La journée démarre comme la veille, à 7h00. Je n’attends qu’une chose : les premiers bruits du réveil. C’est devenu une habitude de laisser Solène se reposer le matin. Réveil tranquille pour elle, bol d’air pour nous. On profite du calme, de la sérénité, de la fraîcheur. Peu de monde, on se laisse porter.
8h00. Petit-déjeuner avec les trouvailles boulangère de la veille. La suite de la journée s’annonce épique.
Le lac de Rabodanges
Bon, il faut le dire tout de suite : ce fut un faux tour du lac cette randonnée. Loïc avait tracé le parcours la veille, mais sans prévoir que la végétation sur le parcours serait aussi luxuriante.
Pleins de bonne volonté, on gare le van à 10h00, on m’attache, et nous voilà partis. Beau temps, pas trop chaud pour le moment. On traverse le pont, on s’engage dans ce qui ressemble vite à une jungle. Accueil par les ronces, les orties, et les taons. On force un peu le passage, on retrouve les hauteurs du barrage. À partir de là, c’est quasi impraticable. Je le fais bien comprendre : « je n’irai pas plus loin », mes yeux parlent pour moi. Décision prise de rebrousser chemin. Promesse est faite : on reviendra prendre notre revanche.
12h30. Retour au van, la chaleur est écrasante mais un orage arrive. Le binôme s’active pour préparer le repas avant une Sieste bien mérité. Le petit verre de rosé va permettre de poser les pans la suite. J’ai la chance que l’on mets mon panier dehors à l’abri du soleil ou je récupère de cette matinée de folie.
La Roche d’Oëtre
Ce fut une chouette découverte, cet endroit. On décolle vers 14h30 du lac en prenant l’arrière-pays, un trajet magnifique. Ce mot « magnifique », d’ailleurs, est resté mon mot pour ce roadtrip.
On arrive à La Roche d’Oëtre sur un grand parking. Important, avec un van. On n’est pas les seuls, d’autres voyageurs profitent de l’intérieur du leur. Loïc avait repéré une boucle qui permet de tout voir du site. Solène termine un dossier urgent avant de partir, je me prépare et le grand départ est donné.
Le premier point de vue donne le ton : la Normandie, ici, c’est vallonné, et pas qu’un peu. La sensation en haut de ce rocher est grandiose. Le ciel se couvre, une pluie fine arrive et rend ce moment encore plus mystique. Tout au long du parcours, les points de vue se succèdent, tous différents.La suite de la rando nous emmène en forêt, au milieu d’un parc d’accrobranche, puis nous laisse filer vers la rivière. On a la chance de profiter de ce lieu presque seuls. On entend l’eau couler, pour le plus grand plaisir de Solène, qui adore ça. On flâne le long de ce chemin ou les arbres font courir leurs racines. J’en profite pour me rafraîchir, entre deux averses il fait lourd. Solène hésite à faire trempette, mais ce sera pour une prochaine fois.Vient la partie où il faut remonter. C’est là que j’entre en jeu pour tracter ma maîtresse. Ça marche, c’est dur… Mais que c’est beau. Une petite cascade fait jaillir l’eau à la rencontre de la rivière. On croise un couple qu’on laisse derrière nous, au calme.
Petit mot de Prune pour cette rando : attention aux familles qui voudraient faire cette balade avec de jeunes enfants, le terrain est accidenté et pentu. Vous êtes prévenus.
Une fois en haut, encore un point de vue nous attend, où Solène en profite pour faire du contenu. Les couleurs sont belles, le vent nous rafraîchit, on en profite. On traîne un peu les pieds, ça sent le retour au van. Passage par les toilettes publiques, et on reprend la route pour aller voir les méandres de l’Orne. Merci à ce joli coin, qu’on a beaucoup apprécié. Et d’ailleurs si ca vous tente on vous laisse notre parcours juste ICI.
17h30-18h00. On reprend la route vers Chambois, pour préparer, malheureusement, la fin de ce périple et le retour vers la vie de sédentaires. Mais on fait quand même un léger détour par les méandres de l’Orne que l’on aperçois au loin.
Jour 5 ✦ Le retour, et la panne qui clôt l’aventure
Le dernier jour démarre vers 7h00, pour profiter, avant de refaire le paquetage d’une bonne balade et pourquoi pas, faire le plein de bonnes choses gourmandes. Camembert, cidre, pain et j’en passe.
Et si vous passez par Chambois, arrêtez-vous à la boulangerie et testez vraiment le pépito.
Retour à la base pour un bon café accompagné de gourmandises.
10h00. Départ fixé. On charge, on range, dans un silence un peu particulier car les fins de trip sont toujours difficiles. Pour moi, c’est différent : j’ai hâte de retrouver mon vrai panier à la maison.
Vérification d’usage : niveaux d’huile, liquide de refroidissement, batterie. Notre van a 35 ans, on ne prend pas de risque.
Le signal est donné. On remercie notre lieu de base, on prend la route. Et parce que les trajets en van ne sont jamais tout à fait roses : après quelques kilomètres, la courroie d’alternateur casse, et elle emporte avec elle un peu de liquide de refroidissement.
Avec un véhicule de 35 ans, il faut relativiser. Les connaissances en mécaniques de mes maitres nous permettront de rentrer sans même ce faire dépanner. Le périple se termine avec le sentiment d’avoir, une nouvelle fois, bien profité de la vie.
Merci à la Normandie, Merci à la vie et aussi au van sans qui cette escapade n’aurait pas été possible.
Prune